Bochaine - Céüsette

Lors de ma dernière sortie dans le Bochaine, je me disais que ça serait sympa de découvrir Céüsette (ou la Petite Céüse) à l'automne. Mais lorsqu'une telle idée me traverse l'esprit, j'ai bien du mal à la contenir aussi longtemps... Je me suis donc concocté un itinéraire en boucle de plus de 19 km, dont une partie potentiellement fréquentée par les touristes.

Ce samedi s'annonce être encore particulièrement chaud ; je prépare donc tout mon bardas la veille pour partir tôt. Levé à 5h30 (un véritable exploit pour moi !), j'entame cette randonnue vers 6h45, à la fraîche (12°C). Autant le dire franchement, ça picote un peu et je conserve le T-shirt quelques minutes le temps de me réchauffer à la faveur du dénivelé. Rapidement la vue vers le Sud me présente la fin de mon itinéraire de retour sur le versant me faisant face.

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Il ne me faut que cinquante minutes pour atteindre le croisement des pistes forestières où je m'embarque sur la mauvaise ! Je me rends compte assez rapidement que je suis sur la piste qui s'élève davantage mais elle ne me fait faire qu'un léger détour (1,7 km et 200 m de dénivelée) et, en contrepartie, devrait m'offrir un meilleur point de vue.

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En plus, la pente est vraiment douce et je peux facilement forcer le pas.

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Depuis un moment, en plus de l'odeur caractéristique, j'entends un troupeau de moutons et leurs protecteurs devant moi. Je remets le short avant d'atteindre l'enclos ou les bergers sont en train de trier les béliers. Une petite fille avec, je suppose, ses grands-parents, est également présente ; je me dis qu'elle gardera sûrement de magnifiques souvenirs de son enfance !

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Je poursuis en direction des célèbres falaises de Céüse et profite enfin des premiers rayons du soleil.

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Toujours en direction du Sud, je contemple, au fond, la crête des Selles, le Serre de la Chabanne et la montagne d'Aujour avec, juste devant, le col et la forêt que je traverserai dans quelques heures :

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Ça y est, je découvre enfin mon but, le sommet de Céüsette :

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Je n'ai pas encore parcouru le quart de cette boucle et le sommet, en face, se trouve à un peu plus de la moitié. Sans compter que je dois redescendre avant d’entamer la longue montée. Mais en fait, là, en vrai, je m'en fout complètement ! Je profite simplement de l'exceptionnelle beauté de la nature et je me sens bien, nu, dans mon environnement où les seuls bruits d'origine humaine qui me parviennent sont les miens...

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D'ici, je vais bientôt descendre par un petit sentier caillouteux avant de rejoindre la piste que j'ai loupée un peu plus tôt et qui me mènera au col des Guérins. A partir de là, j'entamerai la montée de Céüsette par le versant Est (à gauche). Une fois au sommet, je redescendrai par le versant Ouest pour atteindre le col de la Baume et poursuivre en pente douce entre pâturages et forêts au deuxième plan sur la droite de la photo :

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D'abord un peu raide, la descente se fait maintenant plus douce.

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J’aperçois juste en dessous la piste qui me mènera au col des Guérins que l'on devine à gauche :

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Je suis maintenant convaincu que mon erreur d'aiguillage, tout à l'heure, était une bonne chose car la perspective est quand même moins intéressante vue d'ici. Dans le ciel, je commence à remarquer les incessantes rotations des avions de transports de parachutistes de l’aérodrome de Tallard tout proche.

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Arrivé sur la piste parfaitement plane, je reprends un peu de vitesse avec une marche de style nordique :

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Je m'accorde tout juste le temps de me rafraîchir en vitesse sur cette charmante retenue d'eau :

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Un dernier regard en arrière sur une partie du chemin déjà parcouru avant d'atteindre le col et sa faune humaine qui m'oblige à renfiler le short que je garderai assez longtemps, de crainte de rencontrer du monde sur le sentier assez couru de la Petite Céüse.

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Dans la montée, des papillons de toutes tailles, couleurs et formes virevoltent autour de moi :

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En prenant de la hauteur, je découvre sur la gauche le haut sentier sous les falaises de Céüse qui m'a offert ses si beaux points de vue tout à l'heure :

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Mais d'un seul coup, un voile nuageux venant du sud envahit le ciel. En regardant à l'Est vers Tallard et le barrage de Serre-Ponçon, on distingue bien la différence avant/après :

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Pour atteindre la cime de Céüsette, deux possibilités : tout droit en face avec une forte pente ou en restant sur la piste, bien plus longue mais plus douce. J'observe deux parapentistes peiner dans une trace à peine marquée et décide de poser le sac à dos quelques minutes pour reprendre des forces sous forme de pattes de fruits. Mais ce ne sera pas suffisant, je n'ai pas le courage de souffrir dans cette montée après les 11,5 km déjà parcourus et en sachant ce qu'il me reste à faire ensuite.

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La piste, quoi que plus longue, est donc plus douce et m'offre en plus le délicieux parfum des fleurs qui empli tout l'atmosphère. Un régal !

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Le but est à portée de main !

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Encore quelques papillons et notamment ces zygènes, amis des enfants tant ils sont faciles à approcher.

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Voici les dernières centaines de mètres qui me feront buter sur la petite barre rocheuse que je n'ai pas le courage d'escalader. La trace y est balisée, pas de problème, mais je ne me sens pas de la redescendre au retour et préfère rebrousser chemin à ce niveau-là. Et puis ça me donnera une bonne raison d'y retourner !

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Je me console auprès de ces joubarbes à toile d'araignée qui égaient la prairie de leur couleur vive :

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Je retrouve une dernière fois la vue sur Céüse avec, au fond, les sommets du Dévoluy que j'affectionne tant avant de bifurquer à l'Ouest sur une petite sente mal marquée qui fait la jonction avec le sentier de retour.

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Ici, je ne risque plus trop de rencontrer qui ce soit, ce qui me permet de quitter avec plaisir le short. Le point de vue sur la montagne d'Aujour jusqu'au Pic de Crigne, secteur que je connais bien, est propice à se mettre en scène. Sauf que mon trépied a disparu ! Je prends la décision de revenir sur mes pas, pensant qu'il a dû tomber lorsque je me suis allongé pour photographier les joubarbes. J'ai beau inspecter partout, il n'y est pas. Je l'ai peut-être perdu lorsque j'ai posé mon sac pour reprendre des force, mais là ça fait vraiment trop loin ! J'ai déjà trop rallongé mon itinéraire, et j'essaie de me consoler en me disant qu'il fera le bonheur de celui qui le trouvera...

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Contrarié, je ne le reste pas longtemps en croisant ce troupeau de sympathiques génisses qui se reposent ou lèchent des pierres de sels au col de Bois Rien.

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Malgré les nombreuses touffes de lavande sauvage qui la longent, cette piste de retour présente bien moins d'intérêt que celle de l'aller. Il est bientôt treize heures, la chaleur est maintenant bien présente et je suis en quête d'un endroit propice au pic-nique et au repos. Les passages en sous-bois sont agréablement frais mais trop pentus pour être confortables. Ce n'est qu'en arrivant au col de la Beaume que je trouve un petit coin vaguement ombragé pour y faire une pause bien méritée après plus de 19 km dans les jambes !

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La pause fait du bien mais le redémarrage se fait en douceur, les articulations un peu raides au début finissent par se libérer et les nombreux passages en sous-bois apportent une relative fraîcheur appréciée. Une fraîcheur malheureusement disparue sur les deux derniers kilomètres et demi, en arrivant sur la piste forestière qui n'aura pour seul mérite que d'être plane... En arrivant à la voiture, on a dépassé les 20°C d'amplitude thermique depuis ce matin ! Et une fois à la maison, je ne peux même pas savourer ma bière sur la terrasse, les premières gouttes de l'orage commencent à tomber. Timing quasi parfait !

Voilà, c'est sûrement mon nouveau record de distance : 25,2 km pour 950m de dénivelée parcourus en 9h30 dont presque 7h00 nu (22,9 km et 900m sans les 45 minutes de recherche de mon trépied). Mais compte-tenu de la facilité de cet itinéraire et de la beauté des paysages, il me tarde déjà d'y retourner, idéalement en semaine à la mi-octobre, pour profiter des couleurs de l'automne et maximiser le temps de marche nu. Encore qu'ajourd'hui, 8 juillet, en dehors des bergers du matin et des résidents du parking/camping sauvage des grimpeurs, je n'ai croisé au total que deux personnes et apperçu de loin six parapentistes.


Bochaine Randonnue

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Commentaires

  • André
    • 1. André Le 10/08/2017
    Bonjour,
    Merci pour ces magnifiques photos et vos commentaires.
    Je ne suis pas montagnard, seulement un petit randonneur : quelques randonnées semi-montagnardes dans le Diois et du côté de Serre-Chevalier, quelques autres si on veut dans le Luberon, avec quand même le Ventoux, autrement pour moi, c'est plus de la montagne à vaches en montagne Bourbonnaise ou l'Auvergne...mais je souffre du vertige, alors même avec le Sancy, c'est limite...c'est pourquoi j'ai plaisir à voir des paysages auxquels mon œil n'est pas habitué, donc merci encore, et aussi bravo pour faire une grande partie de ces sentiers étant nu.
    Au plaisir, bonne continuation, et merci de poursuivre et les randos et le blog.
    André
    Bonjour André,
    Merci pour ton message, ça fait bien plaisir ! Si un jour tu pousses tes balades jusque dans les Hautes-Alpes, on peut s'organiser une sortie, y en a pour tous les niveaux !
    Franck

Bonjour,

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