Bochaine - Crête des Selles

En quittant Gap direction Sisteron, peu après La Saulce, se dresse sur la droite un bel éperon, le Pic de Crigne. Malgré sa modeste altitude et la promesse d'un point vue unique, son accès est réputé délicat et je ne me sent pas en mesure de l'atteindre seul. Néanmoins, le reste de ce secteur me semble intéressant et je décide donc de me tracer un itinéraire grâce au Géoportail, ma cartographie GPS ayant de sérieuses lacunes.

Je me gare à proximité des vergers, au sud de ce rempart dont l'accès ne semble pas évident au premier regard. En fait, je passerai sous la première ligne de crête, la contournant sur la droite pour revenir vers le centre sur le plateau intermédiaire avant de grimper jusqu'au col central.

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Garé non loin d'un bâtiment d'exploitation, je garde le short quelques minutes mais me retrouve bien vite dans ma tenue favorite. Avec la chaleur déjà presque étouffante, je me demande même comment j'arriverais à randonner habillé !

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Au dessus de moi surplombe cette belle falaise :

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Ça grimpe régulièrement mais, malgré l'effort, tout va bien et je profite juste des quelques pauses photo pour reprendre mon souffle.

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Côté Sud, la vue plonge sur la vallée de Durance traversée par l'autoroute et le canal EDF que l'on devine se diriger vers la clue de Sisteron, au fond à gauche :

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La barre rocheuse passée, le sentier s’aplanit pour atteindre l'ancienne bergerie de Basse Crigne récemment restaurée :

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S'ensuit une longue montée raide en zigzag qui, cumulée au cagnard, m'impose quelques pauses... Arrivé enfin sur la crête, par manque de temps, je tourne directement le dos au Pic de Crigne et me dirige vers un petit promontoire offrant une vue vraiment sympa sur ce fameux éperon et les montagnes voisines voilées par la lourde atmosphère :

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Je poursuis sur un petit sentier dont j'apprécie la relative fraîcheur des passages en sous-bois pour rejoindre finalement une large piste forestière dont le principal intérêt, en dehors d'être relativement plane, est la flore bigarrée qui la borde, à l'image de cette raiponce globulaire :

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Du col des Selles, je rejoins le col de Peyssier (le faux puis le vrai) et il me tarde de me reposer. Malheureusement, j'ai eu la "bonne" idée de me fixer comme lieu de pic-nique une petite butte que j'hésite franchement à atteindre, compte-tenu de mon état de fatigue et de la pente du sentier d'accès. J'espère que ça en vaut la peine !

J'arrive épuisé, mais l'effort est récompensé par la vue. Dans un premier temps, je reprends mon souffle en admirant la Petite Céüse, la montagne de Céüse et le Sud du Dévoluy :

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Mais en fait, c'est tout un panorama qui s'offre à moi, de la montagne de Saint-Genis aux Écrins en passant par la montagne d'Aujour :

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Je continue sur quelques mètres pour me trouver un agréable petit coin ombragé, le temps de reprendre des forces et continuer à me régaler du paysage. Je reconnais au loin la montagne de Jouère qui me rappelle que, là-bas aussi, il me reste de belles randonnées à faire :

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J'ai laissé passer les heures les plus chaudes et redécolle peu avant 16h00 avec en ligne de mire la montagne d'Aujour qui m'attire de plus en plus malgré un passage que je sais délicat à son sommet.

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Sachant que la chaleur serait harassante, j'avais prévu de suivre un petit sentier sensé être essentiellement en sous-bois. Mais j'ai la plus grande difficulté à le trouver ce sentier et, sans GPS, j'aurais tôt fait de rebrousser chemin ! La suite se passe bien en sous-bois, mais la sente disparait à de nombreuses reprises sous la végétation. A tel point que j'imagine les techniciens de l'IGN avoir tracé ce sentier sur la carte grâce aux relevés des colliers GPS de la faune locale ! Et je ne saurais si bien dire : à seulement quelques mètres en dessous, j'entends passer du gros gibier... Je me fige et observe jusqu'à apercevoir quatre sangliers à tout juste une vingtaine de mètres de moi ! Là, j'avoue ne pas en mener large et préfère entrechoquer mes bâtons pour les effrayer. De quatre, ce sont six beaux sangliers qui filent sous mes yeux, plus deux autres que j'entends un peu plus loin. La harde disparue, je suis quand même heureux de cette rencontre malgré le léger stress...

Je poursuis sur la sente que je perds puis retrouve en revenant légèrement sur mes pas et je me félicite du choix de cet itinéraire ombragé malgré le détour. Je longe un temps un petit torrent en contrebas que je retrouve en même temps qu'une piste forestière et je ne résiste pas au plaisir de m'y rafraichir, d'autant que je commence à douter d'avoir pris assez d'eau. Et c'est parti pour une bonne mais facile remontée sur cette piste. A l'ombre, c'est franchement agréable !

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Chemin faisant, je profite d'une source pour me désaltérer encore un peu avant de retrouver le col des Selles et sa vue sur la vallée de la Durance :

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J'entame alors les 700 mètres de descente toujours sur cette large piste forestière, bien plus douce que mon raide itinéraire de montée et plus agréable malgré un secteur défoncé par un débardage relativement récent. Les ombres s’allongent un peu et malgré la fatigue qui commence à s'installer, je suis terriblement bien, nu, dans cet univers forestier d'où s'élèvent les effluves des pins baignés de soleil.

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Je finis par quitter la piste forestière pour un non moins agréable petit sentier qui offre de beaux points de vue depuis l'adret de ce synclinal des Selles :

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L'heure tourne, alors je profite du plat pour accélérer la cadence et arriver rapidement en vue de la bergerie :

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Si elle n'était aussi isolée, elle donnerait presque envie de s'y installer...

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Il est maintenant presque sept heures du soir, je fais une petite pause pour prévenir mon épouse de mon retard et faire une dernière photo. Malheureusement, à trop jouer les optimistes avant de partir, ma batterie est totalement déchargée ! Tant pis, à défaut, je coupe quelques branches de thym sauvage qui agrémenteront avec délice un prochain barbecue ! Allez, plus que 350 mètres de sentiers caillouteux que je descends plus lentement mais sans autre peine que la fatigue de cette longue randonnue.

Il est plus de 19h30 lorsque j'arrive à la voiture, nu depuis presque neuf heures durant lesquelles je n'aurais croisé que lézards gris ou verts, sangliers, vautours ou papillons ! Mais je dois avouer qu'avec plus de 19,5 km et 1050 m de dénivelée dans les jambes, et bien qu'il me reste finalement encore à boire, il me tarde de rentrer savourer une bonne bière fraîche...


Bochaine Randonnue

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